• Le Château... 11

    Le carcan éprouvait mon cou et tout mon dos... Cassant la courbure de ma colonne vertébrale. Et si mon excitation n'était plus aussi forte qu'au commencement, je ressentais néanmoins encore une certaine chaleur dans mon ventre. Immobilisée, bloquée, ce sentiment d'entrave m'était toujours aussi particulier à vivre, douloureux et contraignant, mais également stimulant...


    Je ne pouvais pas bien lever la tête mais j'apercevais la gardienne qui avait voulu me violer et qui avait quand même réussi à me sodomiser. Je ressentais de la haine, de la colère et de l'amertume, celle de ne pas avoir su me défendre en particulier. J'avais décidé de me donner au Seigneur et Maître des lieux, mais en aucun cas je n'avais envisagé une seconde que je puisse être abusée de telle façon. Et même si je n'étais pas encore très accoutumé au Code, j'en connaissais les grandes lignes, et la conduite de cette femme était une offense, et il semblait bien qu'elle allait en payer le prix...


    J'entendis que l'on déverrouillait la porte et des pas approcher. Lady passa sous mes yeux, ne me jetant que son regard supérieur habituel, narquois, altier, présomptueux, mais avec cette once de féminité extrême et de perversité suprême qui me faisait de plus en plus effet.
    Elle se déhancha devant moi, roulant son cul prétentieusement. Elle s'était changée, abandonnant son corset de métal pour un autre, fait de cuir noir et bleu. A sa ceinture.
    « Du wirst zahlen1 » Lui lâcha t-elle, les dents serrées, la mâchoire serrée. Derrière son masque d'acier je devinais toute sa puissance, toute sa force.
    « Du hast keine Idee dem, was dich ankommen wird...2”


    Je n'avais pas compris un traître mot de ces paroles, mais j'étais sûre de leur sévérité...
    La gardienne coupable reçu une gifle cinglante, arrogante même et vacilla même. Lady lui agrippa sa queue de cheval, et tirant un câble descendant du plafond, les noua ensemble. Elle s'éloigna et tira sur l'autre bout du câble, le jeu des poulies aidant, la gardienne fut dressée sur la pointe des pieds, retenue par les cheveux. Elle peinait pour rester en équilibre, sachant que toute chute lui arracherait la peau du crâne.


    Lady recula de quelques pas, et tourna autour de la gardienne suspendue, déséquilibrée... Telle un requin tournant autour de sa proie. Je regardais son manège, emplie d'un sentiment de curiosité, mêlée à quelque chose que je n'arrivais pas à définir. Je n'enviais pas la place de la gardienne, mais d'un certain point de vue, j'attendais d'être réellement entre les griffes de Lady... Et j'allais enfin avoir une démonstration de son savoir faire, de sa domination.
    Elle passa derrière moi et j'entendis qu'elle fermait une armoire, et soudain...


    Un claquement aigu, strident, puissant... Je découvris Lady marcher en enroulant la longue lanière d'un fouet de cuir noir. Elle déambulait, fixant la gardienne qui commençait à trépigner, criant son effroi et son refus. Elle tentait de se détacher, mais rien n'y faisait, le lien trop serré la retenait sur place et il n'y avait aucune fuite possible.
    Lady porta alors un coup sur les fesses de la gardienne, et la marque apparut aussitôt, instantanément. Elle se mit à sangloter. Jamais elle n'avait dû imaginer ce que cela pouvait être de subir tel châtiment.


    Le fouet tournoyait, claquait... Un sifflement, un éclair, un cri... La purification par le sang de la gardienne...
    Lady ne semblait pas éprouver la moindre pitié envers mon agresseur, mais ne dépassa pas la limite, se cantonnant à la marquer, la faire saigner, et cessa son fouettage dès lors que la gardienne parut trop faible pour se tenir debout.


    « Und den Gnadenstoß aufrechterhaltend ...3 »


    Ce dût être une sentence terrible, je me souviens encore du cri de la gardienne... Horreur mêlée à la peur, effroi mêlé à la terreur.
    Lady mut le fouet immobile, lui donnant un mouvement ondulant qui ne tarda pas à le faire claquer plus fort encore, et encore... C'est ainsi qu'elle le brandit haut, tendant son bras en arrière... Je fermai les yeux quand il bondit.


    Le claquement fut terrifiant, j'osai à peine ouvrir les yeux que je vis le fouet au sol, simplement au sol, et la gardienne se répandre sur le sol, se vidant sur ses cuisses liées, jusqu'à former une flaque dans laquelle elle trépignait en pleurant à chaudes larmes.
    Lady avait réussi à la faire totalement défaillir sous la peur d'un coup qui aurait pu s'avérer fatal... Je l'imaginais sous son masque, un sourire en coin, fière d'avoir susciter une peur incontrôlable, fière d'avoir provoqué l'effondrement du statut de la gardienne par la seule suggestion.
    Mon cœur battait la chamade... J'aurais tout imaginé sauf çà. En ouvrant les yeux j'étais prête à voir la gardienne occise pas le fouet, et non ! Elle s'était pissée dessus de peur.... Et ce ne fut pas tout...


    Lady la détacha, et à quatre pattes, lui intima l'ordre de lécher le sol... La gardienne, non ! La femme qu'elle était redevenue s'abaissa à lécher sa propre urine, la nourrissant de ses larmes. Sanglotant, prise de spasme de douleur, elle s'humiliait...

    J'étais sous le choc... Jamais pareille sévérité, ni cruauté ne m'avait été permise de voir... Et pourtant inconsciemment, cette sévérité si aboutie m'avait complètement assujettie à son autorité... Je n'avais pas peur d'Elle, j'avais envie même... Envie d'être entre ses doigts, entre ses mains...

    Elle saisit la gardienne par la queue de cheval et quitta la pièce, l'obligeant à marcher à quatre pattes aussi vite que possible pour lui emboîter le pas.....

    C'est ainsi que Lady sortit, me laissant seule dans mon carcan, seule avec mes émotions, mes sentiments, mes angoisses, mes peurs, mes envies...

    Je n'aimais pas souffrir sans raison, mais le comportement de Lady avait provoqué ma curiosité et je demeurais toujours aussi excitée à l'idée d'être entre ses mains avant d'être entre les Siennes... Mais pour l'heure j'étais seule...

    Dans la pénombre, les flammes dansant sur leur torche, le vent sifflante par moment... je sentais ma condition exercer sur moi son pouvoir... J'aimais être ainsi, même si j'aurais préféré me trouver à Ses côtés, près de Lui, pour Le servir... Mais cela viendrait...

    C'est à cet instant, où mes pensées prenaient le pas sur la réalité que la porte s'ouvrit et qu'Il apparut...

    Je baissai la tête et fixai le sol. Il approcha, et s'immobilisa tout près... Je pouvais même sentir son parfum mâle et raffiné. Il me demanda de tendre la main, vers Lui.

    Difficilement, je tournai mon bras, contorsionnant mon épaule. Mon poignet frotta contre le bois du carcan mais je parvins à suive Son Ordre et tourner la paume de ma main.

    Il fit alors tomber la cendre chaude de son cigare... Sa chaleur, me brûla la main, pas trop tout de même...

    Il tourna autour de moi, plusieurs fois... Je sentais le courant d'air sur mes fesses dénudées, sur mon cul tendu en arrière. Il revient devant moi, et laissa une autre cendre. Il caressa mon front, en sueur... Et repassa derrière où il empoigna une de mes fesses. La massa vigoureusement, avec insistance et force. Et avant de repasser devant moi la claqua sèchement... mmmmmmmmmmmm

    Je pris ceci comme une friandise, sincèrement, une fessée délicieusement claquante, et tellement apaisante... Je sentais que je m'excitais, que je mouillais !

    Il fouilla alors mon intimité de ses doigts, provoquant instantanément des mouvements de bassin incontrôlés de ma part... J'allais au devant de Lui, telle une chienne en chaleur voulant se faire prendre... Je ne me contrôlais plus...

    Il me fessa alors encore plus fort, et je gémis... De plaisir ??? De douleur ??? A vrai dire, les deux se confondaient à cet instant...

    Il se remit alors face à moi...

    « Tu m'as l'air bien émue ma belle... Et le monsieur auquel tu en as fait démonstration à table saura profiter de ton avance... »

    Je devinai alors l'homme qui m'avait touchée à table, il entra... Et croisa Mon Seigneur et Maître sortant...

    Mon dieu... Il allait me donner à un homme, à un autre homme que Lui... Et j'imaginai sa réponse si j'avais montré mon étonnement : « Tu m'appartiens, Je peux faire ce que Je veux de toi... Et puis tu t'es montré si gentille avec lui... »

    Je sentis l'homme faire le tour... Et son sexe tendu contre ma chatte ouverte et trempée...
    1 Du wirst zahlen 
    = Tu vas payer
    2 Du hast keine Idee dem, was dich ankommen wird
    = Tu n'as pas idée de ce qui va t'arriver...
    3 Und den Gnadenstoß aufrechterhaltend = Et maintenant le coup de grâce

    NB : la séance de fouet que je décris est à la portée de seulement quelques initié(e)s, tant la dangerosité de cet instrument est grande. Le fouet requiert une maîtrise parfaite des mouvements. Il est une « arme » avant tout...

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:02
    je vais conduire
    et je lis ça après, ça m'a l'air exquis ! bisous fruités
    2
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:04
    Merci
    du compliment ante-lecture alors!!!! PAr contre, désolée pour la muique, ell ne veut pas s'y joindre...Je vais rententer.
    3
    thierryneck
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:27
    Bien bien
    beau travail... Et désolé pour la musique, ça coicne de mon côté aussi...
    4
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:44
    oui...
    c'est vraiment dommage, mais ce n'est que partie remise... Je suis tétue...
    5
    Maître des âmes
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:47
    Délicieux
    Bonjour toula, ravie de ce chapitre, mettant en scène un instrument ô combien fantasmatique pour le Dominateur que je suis… Malheureusement et vous le signalez à juste titre, il est fort difficile à manier avec maîtrise et sécurité. Bonne continuation surtout.
    6
    Mercredi 24 Mai 2006 à 15:47
    musique
    oui la musique coince un peu il faut le retravailler
    7
    Mercredi 24 Mai 2006 à 16:17
    Le fouet...
    il est bien dangereux pour l'inexpérimenté et un instrument fantastique pour qui sait l'appréhender... A ne pas mettre entre toutes les mains, et méfiance envers certains présomptueux qui avancent s'en servir si facilement...
    8
    Mercredi 24 Mai 2006 à 16:18
    Oui Bibi
    la musique ne veut pas venir m'honorer de sa douce mélodie... Je reessaerai plus tard.
    9
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:07
    Merci
    Merci pour ton commentaire ! j'aime beaucoup ce que tu écris et ce dernier texte est exquis, tout comme le chocolat ;)
    10
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:13
    C'est un plaisir
    de vous accueillir ici, la porte du château est toujours ouverte... Et il y a du chocolat, j'ai un bo fournisseur en Suisse...
    11
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:29
    après lecture
    et avant de filer : j'aime beaucoup, l'histoire suit son court, et même si le fouet n'est pas un attrait pour moi... j'aime bien
    12
    Maître des âmes
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:31
    Chacun doit rester humble.
    Et surtout les Dom qui ont souvent tendance à embellir leur compétences afin de se faire mousser. Par contre, il nous appartient de toujours parfaire nos connaissances comme dans tout domaine. Il est bien de parler ainsi en fin d'histoire afin de prévenir...
    13
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:35
    Yes Inno
    l'histoire suit son cours... Pour le fouet, tu sais je ne l'ai jamais subi, et comme je dis à la fin, peu savent réellement le manipuler... Donc prudence face aux beaux parleurs... mais j'avais besoin de son intensité pour cette scène...
    14
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:36
    Oui
    l'humilité est une vertue, et l'abnégation à toujours aller de l'avant aussi... J'essaie de lm'y conformer tant bien que mal.
    15
    Mercredi 24 Mai 2006 à 17:58
    Je peux
    enfin revenir ici et quel agréable surprise de trouver la continuité de ce récit. Bis a toi. J'adore
    16
    Mercredi 24 Mai 2006 à 18:02
    Hello githika
    c'est surement à cause du lecteur que tu étais bloquée, et là je n'arrive plus àle remettre... Bref, je suis bienheureuse de te revoir par ici, et tu sais que tu es la bienvenue...
    17
    Vestale
    Jeudi 25 Mai 2006 à 12:37
    quelle séance !...
    J'ai du mal à m'en remettre...Mais j'avoue que la sévérité, la noblesse et la justice de Lady ajoutent d'autant plus à son charme...Bises douces à toi, ma chère Toula...et mes respects à ton S&M Chris...
    18
    Jeudi 25 Mai 2006 à 22:48
    Bien à toi
    chère Vestale... Ton avis m'est toujours précieux tant je connais tes gouts... Merci à toi de tout mon coeur....
    19
    Jeudi 25 Mai 2006 à 22:48
    Bien à toi
    chère Vestale... Ton avis m'est toujours précieux tant je connais tes gouts... Merci à toi de tout mon coeur....
    20
    Vendredi 26 Mai 2006 à 15:16
    Bonjour Toula
    La suite du Château enfin... et je découvre "Kaltes Licht" dont je n'avais vu que les paroles. Un vrai bonheur. Bises Toula.
    21
    Vendredi 26 Mai 2006 à 15:20
    Ben non
    il n'y a pas le morceau Kaltes Licht.. Est ce mon Pc qui fait encore des siennes ?
    22
    Lady Djushka
    Lundi 19 Juin 2006 à 12:32
    ouhalaaah...
    que d'idées alléchantes... ma belle... vivement que nsou nous revoyons et que nosu vivions tout cela, enfin presque tout en reel....te voir chavirer de deisir.. de douleur.. d'envie.... ggrrr..... porvoir te mordre dans le cou... et surtout te donner des ordres en un allemand un peu meilleur que celle de ton recit.... et tu saura ce qu'est l'autorité... et mes envies en ce qui te concerne... merci d'être toi... à très très très bientot...morsures ardentes avec des ronronnements profonds... Lady Djushka
    23
    Lundi 19 Juin 2006 à 14:35
    Quel honneur
    Vous me faites là Lady Djushka... Et que d'alléchantes aventures Vous me proposez... Je suis toute..."chose"... Je pense que les heures de nos "retrouvailles" seront bientôt arrivées... Et je serais heureuse d'être entre Vos mains. PS : pour l'allemand, je plaide la tolérance, sachant que S&M Chris avait avalisé les traductions...
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