Image : étude préparatoire pour la toile « Protection », fournie gracieusement par Marc Sainteul.
J'avais depuis pas mal de temps envie d'écrire quelque chose sur l'art représentatif du BDSM, c'est chose faite.
En effet, la diffusion de l'existence du bdsm tient en sa représentation visuelle. Dans une société soumise à la dictature de l'image, c'est celle-ci qui illustre ces 4 initiales : BDSM.
Malheureusement, c'est par cet extraordinaire moyen de communication qu'est l'image que bon nombre de gens parquent le bdsm au rayon des horreurs, de l'inavouable, de la pornographie basique. Cet univers pourtant subtil et teinté de respect et de plaisir est vite catalogué, servi par la pléthore de site usant des initiales BDSM pour attirer les curieux et néophytes sur un mauvais chemin.
Mettant à mal les règles, les us et coutumes d'un univers bien plus sain qu'il n'y paraît au premier abord.
L'expression picturale a pourtant donné une certaine légitimité au BDSM. Il y a fort longtemps, les seules scènes violentes exposées montraient des Dieux de la mythologie aux usages très « SM ». Puis ce fut le tour de l'illustration des sévices subis par les coupables (hérétiques, sorcières, ...), dictée par une Eglise toute puissante.
Enfin, la révolution et l'explosion du libertinage vinrent conférer les attributs du plaisir à la souffrance, sous la plume du Marquis de Sade et de quelques illustrateurs.
Maintenant, le BDSM est une source artistique importante, donnant notoriété à de grands artistes, en particulier des photographes.
Je ne suis pas artiste, et mon propos n'aurait aucune légitimité si je ne le bâtissais pas autour de la relation que j'entretiens avec un artiste, un Vrai ! Oserais-je dire.
Or n'est pas artiste qui veut, et se procurer le dernier appareil photo, craquer sa tirelire pour une panoplie de peintre ne fait pas naître la petite étincelle qui distingue l'artiste de l'amateur. La sensibilité ne s'apprend pas, elle se cultive.
Conjointement, appréhender l'art SM demande au public un certain recul, un certain respect pour la représentation de ces attitudes qui ne lui sont pas familières. Il ne s'agit pas là de jouer les voyeurs mal assumés.
Pour ce qui concerne la création elle-même, il ne suffit pas d'inventer les meilleurs éclairages, de jouer dans les meilleurs décors, de trouver les plus beaux sujets pour créer. Si le côté technique, est primordial, il y a « autre chose »...
Lorsque l'artiste reçoit le pouvoir du Maître, qu'il apprend de son sujet, qu'il s'imprègne de ses envies, de ses fantasmes, s'édifie alors un rapport de confiance mutuel, cher au monde BDSM.
Cette communion naissante substituera le silence des regards aux paroles. Le sujet et l'artiste savent ce vers quoi ils vont.
Photographier, peindre, sculpter le plaisir, la souffrance, la soumission... ne sont pas choses aisées et c'est non seulement par son talent, mais aussi par son approche de cet univers que l'artiste donne naissance à une œuvre qui en dira toujours plus qu'une simple et vulgaire photo pornographique. Il y a ici une recherche d'authenticité, de « montrer » des situations réelles, de les valoriser, de les sublimer.
Je tiens donc à remercier Marc Sainteul et tous les autres Artistes qui mettent en avant le BDSM et l'honorent de leur talent.
Le site de Marc Sainteul - Art du Donjon
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