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Château de Chillon...
Au dehors, la lumière blafarde de la lune se reflétait sagement sur les eaux calmes du lac Léman. Le clapotis des vagues léchant les rochers de la rive rythmait les mouvements des vagues. Pas un bruit, ou presque.
Au loin, j'entendais des bruits assourdis, si étouffés par les énormes parois de granit des catacombes dans lesquelles j'étais enfermée. Une voûte immense, de laquelle je ne pouvais deviner que la partie faiblement éclairée par les torches brûlant. Le ballet de la flamme donnant sans arrêt un aspect différent à ces murs si épais et si froids.
Devant la grille qui bloquait l'accès au lac, je ne voyais que la lumière blanche de la lune qui s'aventurait sur le pas de cette ouverture barrée par l'acier.
A ces grands piliers nous étions quelques unes à attendre, recroquevillées à même le sol, simplement protégées par une toge de tissus. Certaines semblaient sangloter, d'autres tentaient d'arracher un peu de sommeil à leur crainte. Les poignés pris dans de gros manchons de fer, enchaînés aux piliers soutenant le château çà et là, nous attendions.
Par moment, au gré d'un courant d'air glacial, les sons de la surface venaient nous tourmenter. Ces bruits si sourds s'affirmaient alors en puissance. Et nous pouvions facilement distinguer le bruit que faisait le cuir tournoyant dans les airs avant de s'abattre sur la chair. Nous entendions les suppliques et les pleurs de certaines... Ces filles qu'Elles étaient venues chercher peu avant. Dans la grande catacombe, le vide s'emplissait alors de cris, de claquements et de gémissements langoureux. Que pouvait-il bien se passer au dessus ? Nous en avions toute une idée, nous savions même.
Je n'avais qu'à fermer les yeux et mon esprit s'échappait par ses plus animaux instincts... Les yeux clos, enfermées dans ma tête, mes idées les plus salaces et les plus inavouables vagabondaient, virevoltant entre mes envies, mes fantasmes, mes histoires, mes pulsions. Je sentais la chaleur caresser mon corps, ma peau devenir moite. Ma respiration s'accélérer.
Une caresse sur ma cuisse, une main ferme qui la pétrissait... J'ouvris légèrement mes yeux et vis celle qui partageait les chaînes de mon pilier me toucher. Comme si elle avait deviné mon excitation. Une main aventureuse, découvrant ma cuisse de ma toge... Parcourrant chaque centimètre avec une savante lenteur. J'aurais voulu la prendre et la poser sur mon sexe, mais une partie de mon cerveau préféra la laisser faire, à sa vitesse, suffisamment parfaite pour me mener sur mon chemin.
Je la regardai maintenant et me relevai suffisamment pour lui permettre d'accéder au haut de mes cuisses, et ailleurs. Elle ne regardait que sa main sur mon corps, comme si elle ne la guider que du regard. Lentement, après avoir effleuré mon pubis si lisse et si chaud, elle revint balayer ma jambe de sa douceur, lentement, vers ma cheville. Elle la massa, et y déposa un baiser, bref et pourtant humide, je penchai la tête en arrière avec un soupir. Un soupir de plaisir et de frustration de l'avoir senti si proche de mon sexe trempé et maintenant si loin.
J'étouffai soudain un langoureux « aïe », quand sa main, quand ses griffes remontèrent tout le long de mon mollet, de ma cuisse, de ma hanche. Me lacérant la peau, électrisant mon corps déjà sous tension. Elle approcha alors sa tête et m'embrassa dans le cou tout en pétrissant mes seins, pinçant mes tétons. J'entendais son souffle dans mon oreille, réveillant encore mon envie. Délicieusement, elle frotta sa joue contre la mienne et posa sa bouche sur la mienne. Nos langues se mélangèrent, nos lèvres se faisant front nerveusement et passionnément. Je me penchai en avant lorsque sa main se posa sur mon sexe, à plat. Je cherchai à ce qu'elle me pénètre, mais elle s'y opposa, pour me frotter vigoureusement.
J'étais renversée, toute à elle. Je gouttais sa langue et ses lèvres. Je me délectais de sa main agaçant avec insistance mon clito et mes lèvres humides. J'haletais et me laissais glisser dans mon plaisir égoïste, incapable de pouvoir lui offrir une quelconque caresse en retour. J'étais trop près... J'allais jouir par sa main et ses baisers si nerveux et langoureux... Mon esprit s'envola et....
Un grand bruit assourdissant résonna dans toute la catacombe, rebondissant sur les parois et la voûte de roches.... Des clefs tournant dans une archaïque serrure de fer, une lourde porte de bois et d'acier s'ouvrant bruyamment... Je me repris aussi rapidement que je pus, encore dans mes tourments libidineux, ma compagne déjà emmitouflée dans sa toge...
Des pas, nombreux, des bruits incisifs de talons battant la pierre des escaliers... Elles arrivaient...
Publié par toula à 17:57:31 dans Le Château... | Commentaires (23) | Permaliens
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